Le Text to Mindmap dépoussière les cartes mentales

Céline Boileau
Bases no
417
publié en
2023.09
4234
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ChatGPT | cartographie | IA
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Alors que l’utilité des cartes mentales est relancée par le renouveau actuel du Personal Knowledge Management, une nouvelle génération, issue des IA génératives, arrive sur le marché.

Ces cartes mentales générées par IA, ou Text to Mindmap, créent instantanément une carte mentale à partir d’un simple titre. Elles constituent un bon exemple de l’apport possible des IA génératives dans les pratiques de veille, quand celles-ci sont utilisées à bon escient.

Utilisés en phase de mise en place et de définition du périmètre d’une recherche ou d’une veille, les outils Text to Mindmap se révèlent ainsi un atout non négligeable. Bien sûr, ils ne sont pas parfaits et ne font pas (tout) le travail, mais ils constituent une première étape intéressante et sans doute un gain de temps et d’attention réels.


À noter : la plupart proposent une option avec ou sans IA, et se présentent avant tout comme des outils de gestion des connaissances.

Emberly organise vos notes

Emberly combine la cartographie mentale et la gestion des notes : ici, les nœuds de la carte servent à stocker des ressources (notes ou liens) (voir figure 1). L’objectif final n’est donc pas de créer une carte mentale, mais bien d’organiser ses pensées et les ressources qui l’alimente. L’utilisation est très simple : après s’être connecté (via son compte Google ou son email), on choisit entre deux options :

    1. un modèle de carte avec IA ;
    2. un modèle de carte sans IA.

Dans le premier cas, une fenêtre s’ouvre pour indiquer son sujet, et génère instantanément une carte. Un seul niveau est généré, car il ne s’agit pas d’ajouter un niveau comme dans une carte mentale classique, mais de stocker ici ses ressources, pour les visualiser dans une autre fenêtre qui s’ouvre à droite de la carte. Après la création de chaque branche par l’IA, il est donc possible de les modifier et de stocker chaque ressource dans cette fenêtre de droite. La version gratuite ne permet pas l’upload de fichier.

Une autre fonctionnalité permise par l’introduction de l’IA : l’assistant d’écriture, un chatbot nommé Advisor. Accessible en version gratuite, il peut générer des listes à coller ensuite manuellement dans sa carte mentale. Attention toutefois aux hallucinations de l’IA, on pensera donc à revérifier et à modifier si nécessaire !

Dans le second cas, notre avatar apparaît par défaut au centre de la carte mentale. Le fait que l’avatar soit mis au centre de la carte par défaut rappelle l’objectif initial de l’outil : organiser NOS pensées. Mais si l’on préfère le remplacer par un sujet thématique, on coche le bouton « Use text as center mode » dans les paramètres de la carte.

Nota bene : il n’y a pas d’export de la mindmap en format image dans la version gratuite. Chaque carte, avec ou sans IA, est exportée sous forme de dossier zippé, où chaque branche est un fichier texte. C’est donc ici la fonctionnalité de stockage qui prime sur l’apparence de la mindmap.

La version gratuite offre cinq cartes mentales, différents niveaux de partage et des quiz générés automatiquement. 

Figure 1. Le principe organisationnel d’Emberly

 

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Figure 2. Une mindmap créée par l’IA d’Emberly. À droite, les ressources liées aux branches (notes, liens, etc.).

Chatmind : simple et efficace

Chatmind est un outil de carte mentale d’usage classique… ou presque, puisqu’il allie la facilité d’usage d’un outil de carte mentale à la puissance du modèle de langage (LLM) GPT 3.5 ou GPT - 4 (au choix).

Pour générer une mindmap, on se connecte avec son compte Google, Apple ou par email, puis on décrit la carte mentale de son souhait avec un prompt dans une fenêtre en bas de page. On commence donc par entrer un titre, et d’autres critères sont proposés afin de nous permettre de préciser la description (multiniveaux, langage, etc.). Chatmind génère ensuite une carte avec deux niveaux de catégories (voir Figure 2).

À noter, Chatmind comprend bien les prompts rédigés en français, ce qui n’est pas forcément le cas des autres outils de cette catégorie.

Pour modifier sa carte, il faut l’exporter au format Xmind pour la version gratuite. La version payante (à partir 3,99 $) permet l’export en SVG et en Markdown. Il est en revanche possible dès la version gratuite d’exporter un résultat final généré par IA en image.

En quelques semaines l’outil a déjà évolué (mode d’inscription, fonctionnalités…) et la connexion est parfois instable. On surveillera donc sa pérennité, mais actuellement on peut l’utiliser sans modération ou presque !

Le système de crédits, fixé à 1 crédit/jour, n’est pas très clair et le décompte dépend notamment du LLM choisi, mais il a été possible de faire au moins trois cartes et six exports avec un crédit.

En revanche, attention, rien n’est archivé et si l’on ferme son onglet par erreur, le travail est perdu (on peut encore le retrouver dans l’historique complet de Chrome, mais cela reste aléatoire !)

Figure 2. Chatmind génère instantanément plusieurs niveaux de branches.

GitMind AI : le plus collaboratif

GitMind est un logiciel collaboratif gratuit de cartographie mentale conçu pour le la co-création d’idées et la gestion des connaissances.

Pour se connecter à GitMind on utilise son compte Google, Facebook, Apple ou email. L’outil propose un seul plan payant, en illimité, pour 9 $/mois, ou 4 $ en abonnement annuel. L’essai gratuit est sans prépaiement. Et un système de crédits est en cours de développement pour débloquer graduellement des fonctionnalités.

On peut choisir la langue du logiciel (il y en a 10) et l’utiliser en téléchargement ou en Saas.

Comme les autres outils de mindmapping avec IA, on commence par deux options :

    1. Une carte avec IA (ChatGPT) ;
    2. Une carte sans IA.

La première option, nommée AI Mindmapping, génère une carte « avec un prompt » ou bien « à partir d’un article » (voir Figure 3). Dans ce dernier cas, elle va directement chercher l’information là où on lui demande. Attention toutefois, cela n’empêche pas une IA d’halluciner même si cela limite le risque.

Pour l’option avec prompts, la version gratuite est limitée à 20 maximum, mieux vaut donc ne l’activer que si le sujet est bien défini. Une fois la carte générée, on peut la modifier en spécifiant le nombre de branches à ajouter, sous forme de questions ou d’idées, etc.

En pratique, plutôt que de passer plusieurs prompts à définir sa pensée, ne pas hésiter à lui redemander le même prompt à quelques jours d’intervalle : la première fois que nous lui avons demandé « Génère une liste hiérarchisée des médias de la finance », nous n’avons obtenu qu’une typologie thématique et pour obtenir le nom de sources/médias nous avons dû demander à son IA d’ajouter des branches, avec plus ou moins de succès (elle génère du texte, qu’il faut remettre dans une forme adaptée à une mindmap). La même requête, quelques jours plus tard, a été bien plus pertinente ! Elle a donné, au premier niveau, le type de sources (Études de marché, sites d’actualité…) et au deuxième niveau, cinq branches avec le nom des sources. Si besoin, l’IA va même jusqu’à créer une mindmap sur trois niveaux, pour générer une liste claire de sources. Seul bémol, malgré un prompt en français, toutes les sources sont en anglais !

Dans le second cas (sans IA), on choisit New Mindmap pour réaliser une carte manuellement, avec des modèles ou non. Quel que soit son choix, les options gratuites seront beaucoup plus complètes et nombreuses, que les outils classiques connus jusqu’à présent. On peut ainsi ajouter des images, des stickers, des notes, des liens, etc.

Le collaboratif, valeur ajoutée mise en avant par l’outil, est possible dès la version gratuite (expliquée dans les FAQ) en créant une « planète » de cinq membres maximum, avec lesquels partager jusqu’à dix cartes mentales et 30 images par carte.

Pour aller plus loin, GitMind propose des formations en gestion des connaissances, notamment aux écoles et aux univer­sités. Pour un usage individuel, on con­seillera leur chaîne YouTube, qui fourmille de cas d’usages sous forme de tutoriels.

 

Figure 3 : GitMind permet de générer une carte mentale à partir d’un article.