Ces multiples contenus vont ensuite permettre d’alimenter différents types de veilles et de recherches d’information.
Sur ce sujet, on conseillera l’infographie proposée par Digimind, qui résume toutes les possibilités offertes, de la détection d’investissements, de partenariats, d’ouvertures de sites, d’innovations ou de nominations jusqu’à la découverte de publications scientifiques ou la surveillance d’avis de consommateurs (voir figure 1).
Figure 1. Les informations utiles pour la veille sur LinkedIn (source : Digimind)
Bien rechercher sur LinkedIn
Pour rechercher sur LinkedIn, tout ou presque passe par le moteur interne. Si celui-ci offre quelques filtres intéressants, la recherche en texte libre doit rester la plus simple possible.
Il n’existe pas, à notre connaissance, d’outils externes, même payants, permettant de rechercher efficacement sur LinkedIn.
Le moteur de LinkedIn n’est pas un assistant de recherche dopé à l’IA comme peut l’être Google aujourd’hui. Il ne comprend ni le langage naturel ni l’intention de recherche des utilisateurs. Sur le papier, et comme LinkedIn l’explique régulièrement dans sa FAQ ou sur son blog, il s’agit d’un moteur booléen. Dans la réalité, c’est un peu différent…
LinkedIn indique qu’il est possible, et même conseillé, d’interroger son moteur avec les opérateurs booléens classiques (AND, OR, NOT), les guillemets pour l’expression exacte et les parenthèses pour structurer sa requête.
Mais la requête Veille OR « intelligence économique » OR « recherche d’informations » ne donne aucun résultat, alors qu’une requête portant sur le seul terme Veille en donne bien.
On disposait même autrefois d’opérateurs avancés intéressants (par exemple yoe: pour le nombre d’années d’expérience), mais aujourd’hui, aucun de ces opérateurs ne fonctionne plus, ni dans la version gratuite ni dans la version Premium.
La méthode recommandée pour rechercher de manière générale sur LinkedIn
- on entre une requête très simple, avec un ou deux mots-clés ;
- on ne s’attarde pas sur la première page de résultats, qui est un agrégat superficiel d’informations en tout genre ;
- on navigue dans les résultats par type d’information, en cliquant sur les onglets dédiés : Posts, Personnes, Emplois, Groupes, etc. ;
- par défaut, les résultats sont classés par pertinence. On peut jeter un coup d’œil rapide aux premiers, mais on pensera ensuite à changer le filtre « Trier par » de « Pertinence » à « Les plus récents » pour voir tous les résultats associés à sa requête. Dans les faits, nous doutons de pouvoir réellement visualiser tous les résultats, mais on en voit en tout cas davantage qu’avec le classement par pertinence ;
- on profite des filtres proposés (publié par, date de publication, membre, page entreprise, lieu, entreprise actuelle) pour affiner sa recherche.
Pour les contenus que l’on ne peut pas rechercher directement dans le moteur interne
Si cette méthode fonctionne dans la plupart des cas, certains contenus pourtant utiles pour une recherche d’information restent introuvables avec le moteur interne.
Rechercher des newsletters LinkedIn
LinkedIn a récemment introduit la possibilité de créer des newsletters. Chaque édition est publiée sur Pulse, la plateforme de publication d’articles et de billets de LinkedIn, qui existe depuis des années.
Le moteur interne ne propose aucun filtre permettant de cibler spécifiquement les newsletters, comme c’est le cas pour les posts ou les événements.
Mais en règle générale, le créateur d’une newsletter publie un post pour annoncer son lancement, puis à chaque nouvelle édition. C’est donc par ce biais qu’on a le plus de chances de les identifier : on utilisera le moteur interne en faisant porter la recherche sur les posts.
Un bon moyen de repérer des newsletters consiste à entrer dans le moteur interne l’une des requêtes suivantes :
newsletter « votre thème », par exemplenewsletter veille;#newsletter « votre thème », par exemple#newsletter veille.
On repère ainsi les newsletters publiées sur LinkedIn, mais aussi des newsletters publiées sur d’autres plateformes (Substack par exemple) dont la promotion est faite sur LinkedIn.
Rechercher dans le contenu des longs billets LinkedIn
Comme on l’a vu, la plateforme Pulse permet de publier de longs articles sur LinkedIn. Mais le moteur interne ne recherche jamais dans le texte intégral de ces billets : uniquement dans le titre, les métadonnées et éventuellement les premières lignes.
La seule solution consiste à sortir de LinkedIn, à aller sur Google et à entrer la requête suivante :
site:linkedin.com inurl:pulse veille
On retrouve alors des billets que l’on n’avait aucune chance de trouver en passant par LinkedIn.
Mais comme Google n’indexe pas tout LinkedIn, certains contenus n’apparaîtront pas, même s’ils sont pertinents.
Rechercher dans des groupes
Le moteur interne de LinkedIn permet de rechercher des groupes, mais attention : la recherche porte sur le descriptif du groupe, et non sur son contenu.
LinkedIn permet désormais de rechercher au sein des groupes dont on est membre, mais la fonctionnalité est bien cachée. Il faut se rendre sur la page d’accueil du groupe, puis placer son curseur dans le moteur interne, en haut de l’écran.
LinkedIn propose alors l’option « Rechercher dans ce groupe ».
On pensera ensuite à classer les résultats par « Les plus récents » pour en voir un maximum.
On constate que le moteur ne semble pas capable de remonter des résultats de plus d’un an.
Mettre en place une veille sur LinkedIn
Mettre en place une veille sur LinkedIn n’est pas simple, car c’est l’un des réseaux sociaux les plus fermés et les plus restrictifs au monde.
Deux solutions sont possibles :
- se créer une veille au sein de l’interface de LinkedIn, ce qui reste très artisanal ;
- utiliser une plateforme de veille payante intégrant LinkedIn à son corpus.
Les plateformes de veille qui intègrent LinkedIn
LinkedIn n’autorise pas officiellement la surveillance de sa plateforme : c’est pourquoi il a très longtemps été absent du corpus des plateformes de veille. Depuis quelques années, on constate cependant que de plus en plus de plateformes l’ajoutent à leur corpus.
- L’une des raisons possibles de ce revirement pourrait être la suivante : LinkedIn a subi ces dernières années quelques revers juridiques, laissant penser que les risques liés à la surveillance de sa plateforme sont en réalité minimes.
- Pour le marché français, nous nous sommes fondés sur l’étude réalisée par le site plateformes-de-veille.org auprès des éditeurs pour déterminer quelles plateformes surveillent LinkedIn.
Voici les outils qui ont indiqué pouvoir surveiller LinkedIn : Alerti, Ask’n Read (QWAM), Curebot, Digimind, Keywatch, Meltwater, MyTwip, Siveille et Talkwalker.
Faire sa veille au sein de LinkedIn
Si l’on n’a pas accès aux plateformes payantes mentionnées ci-dessus, la seule solution viable, même si elle n’est pas idéale, est de passer par l’interface de LinkedIn.
- Si le but est de réaliser une veille métier et que la majorité de ses contacts LinkedIn sont issus du même milieu professionnel, on pourra utiliser son compte personnel.
- Sinon, l’idéal sera de créer un profil dédié à chaque veille que l’on souhaite réaliser sur LinkedIn.
Pour mettre en place une veille sur les microalgues, par exemple, on commence par identifier des profils de personnes spécialistes du sujet (chercheurs, ingénieurs…), les hashtags utilisés, ainsi que des groupes et des pages entreprises en lien avec le sujet. On s’abonne ensuite à l’ensemble de ces éléments (profils, pages entreprises, etc.).
Par le passé, on ne pouvait suivre le compte d’une personne qu’en se connectant avec elle, et il fallait donc qu’elle accepte la connexion, ce qui n’était pas toujours gagné d’avance. Désormais, chaque profil propose l’option « Suivre » : on peut ainsi voir tous les contenus publiés, mais aussi aimés, par cette personne (en public uniquement), sans qu’elle ait à accepter ou refuser ce suivi. Par défaut, tous les posts publiés par une personne sont publics.
Les pages entreprises ou écoles peuvent être suivies sans demander d’accord.
- On peut suivre des hashtags en cliquant sur « Suivre », et s’abonner à des newsletters sans difficulté.
Seuls les groupes peuvent exiger une validation de leurs créateurs avant de donner accès à leurs contenus. On a alors intérêt à se construire un profil LinkedIn cohérent avec la thématique des groupes visés, pour avoir toutes les chances d’y être accepté.
Méthode pour visualiser sa veille sur les posts, personnes et entreprises
On se rendra ensuite à fréquence régulière (idéalement plusieurs fois par semaine) sur la page d’accueil de son interface LinkedIn, on classera le flux par ordre chronologique (« Récent »), et l’on verra les résultats de sa veille : les nouveaux posts publiés et aimés par les comptes, entreprises ou écoles que l’on suit.
Méthode pour la veille sur les hashtags, les groupes et les newsletters
- Pour le suivi des hashtags, on se rendra dans l’onglet « Hashtags », à gauche de l’écran, puis on classera les résultats par ordre antéchronologique.
- Pour les groupes, mieux vaut se rendre dans chacun d’eux pour voir les nouveaux contenus : le flux d’un utilisateur ne contient en général pas tous les contenus publiés dans les groupes qu’il suit.
- Enfin, on recevra les newsletters par e-mail, et l’on pourra les intégrer à ses outils de veille habituels.
Les fonctionnalités de LinkedIn changeant très régulièrement, pour le meilleur et pour le pire, on conseillera de suivre Boolean Strings, le blog d’Irina Shamaeva, largement consacré à la recherche sur LinkedIn, qui permet de bien suivre les dernières tendances et évolutions du réseau.
