IA et création : questions de preuve
Philippe Masseron est Directeur général du gf2i et ancien Directeur général du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC).
L’« affaire ORÉLIEN », qui a éclaté en septembre, souligne, au-delà des questions littéraires ou factuelles, le caractère central des questions de preuve dans les débats autour de l’IA.
La détection des productions d’IA : évolution des enjeux
Le 21 septembre 2026, Thélyson ORÉLIEN reçoit le prix du roman FNAC 2026 pour C’était ça ou mourir1. Ce même jour, le compte X « Balance ton Claude » affirme, sur la base du logiciel de détection d’IA Pangram2, que le livre a été généré à 100 % par IA. D’autres médias obtiennent des scores proches. Le roman, alors sélectionné pour le Goncourt 2026, est retiré de la liste le 25 septembre.
Illustration générée par Gemini.
Jusqu’alors, hors fake news, la détection concernait surtout la science et l’enseignement : repérer les articles frauduleux et lutter contre les paper mills, favorisées par l’essor de l’IA générative.
LIRE AUSSI :
- Montée en puissance de la lutte contre les articles scientifiques frauduleux, BASES n°447, mai 2026
Différents outils de détection des contenus générés par IA, spécialisés ou non, ont ainsi vu le jour depuis plusieurs années et Pangram n’est qu’un parmi d’autres3 dont la qualité est discutée et analysée par ailleurs4. Les scores produits par ces outils ne constituent toutefois pas, à eux seuls, une preuve certaine de l’utilisation de l’IA.
Deux directions opposées autour de la création : prouver la participation de l’IA à la production des contenus et apporter la preuve de l’humanité de la création.
La preuve, enjeu capital dans le contexte d’opacité des processus d’entraînement
Dans la suite de cet article, Philippe Masseron examine la proposition de loi adoptée par le Sénat le 8 avril 2026, qui instaure une présomption d’utilisation des œuvres protégées par les fournisseurs d’IA, ainsi que le volet transparence du règlement européen sur l’intelligence artificielle, au regard des contentieux en cours aux États-Unis.
Chronique de Philippe Masseron, BASES n° 450, septembre 2026.
