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Presse d’investigation en France : une offre foisonnante, un accès de plus en plus fragmenté

FRANÇOIS LIBMANN
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445
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2026.03
92
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Tagaday | Newsdesk | veille medias
Presse d’investigation en France : une offre foisonnante, ... Image 1
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Le journalisme d’investigation n’a jamais été aussi productif. Pourtant, pour les professionnels de la veille et de l’information, accéder à cette production de façon aisée et à un coût abordable est de plus en plus difficile. Multiplication des titres indépendants, abandon de la vente à l’article, modèles d’abonnement complexes : cet article dresse un état des lieux de ces obstacles et des initiatives qui tentent d’y répondre.

1. Un paysage éditorial en pleine expansion

Plusieurs facteurs convergent pour expliquer le dynamisme du journalisme d’investigation en France. La multiplication des affaires politiques et économiques portées sur la place publique, favorisée par la levée progressive de certains modes de protection bien établis, crée une demande forte d’informations/révélations. Cette intolérance croissante de l’opinion publique face aux dérives pousse un nombre grandissant de journalistes, professionnels comme amateurs, à mener des enquêtes et à en diffuser les résultats le plus largement possible.

Le développement des outils de publication en ligne comme en format papier a considérablement abaissé les barrières à l’entrée : il est désormais possible de lancer un média, certes avec des moyens limités, totalement indépendant des grands groupes de presse.

Cependant, sa distribution, payante ou gratuite, demeure un problème majeur  en raison des coûts de promotion rapidement élévés.

Les coûts de fabrication au sens large n’étant pas nuls, certains titres en ligne ont décidé d’offrir le libre accès à leur publication sans obligation d’abonnement. A la place, ils sollicitent des dons, bien sûr sur une base volontaire, et il semblerait que ce système fonctionne.

LIRE AUSSI :

Sourcing : l’info locale se renouvelle

1.1 La presse libre et indépendante : un panorama fragmenté

On recense aujourd’hui plus d’une centaine de publications françaises indépendantes, avec une grande diversité thématique et éditoriale. Les principales catégories sont les suivantes avec quelques exemples :

  • Investigation généraliste : Mediapart, Disclose
  • Écologie : Reporterre, Vert
  • Information généraliste à gauche : Politis, Le Média
  • Information locale et régionale : Médiacités (Lille, Lyon, Nantes, Toulouse), Rue89 Strasbourg, Rue89 Lyon, Rue89 Bordeaux
  • Information militante : Dijoncter, Rebellyon

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L’IA générative au service de la veille : entre innovation et méthodologie

Christel RONSIN
Bases no
445
publié en
2026.03
163
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retour d'expérience | knowledge management | intelligence économique | veille concurrentielle | Intelligence artificielle
L’IA générative au service de la veille : entre innovation ... Image 1
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Interview de Christelle Urvoy, Consultante en intelligence économique et veille stratégique, menée par Christel RONSIN

Christelle Urvoy partage son approche pragmatique pour intégrer l’intelligence artificielle générative (IAG) dans les processus de veille, de pédagogie et de gestion des connaissances. Elle explique comment allier innovation et méthodologie entre automatisation des tâches, vigilance sur les sources et réhumanisation des échanges. 

Entrepreneuse depuis 15 ans dans le conseil en IE et en veille stratégique, Christelle Urvoy dirige la société Advicie depuis 2012. Elle a été présidente de la section du Centre des Jeunes Dirigeants (CDJ) du Val-de-Marne de 2016 à 2018. Elle est également animatrice de la Fresque de la connaissance depuis 2025.
Christel RONSIN : Christelle, comment intégrez-vous l’intelligence artificielle générative dans vos activités professionnelles ?

Christelle URVOY : Sur la veille, j’intègre désormais l’IA à plusieurs étapes du cycle, en restant très attentive à la confidentialité. Je ne transmets aucune information identifiable sur mes clients : l’IA me sert surtout à structurer des hypothèses, repérer des angles d’analyse et reformuler des enjeux.  Je l’utilise aussi comme un effet miroir : je pose des questions, parfois similaires à plusieurs reprises, pour comparer les réponses et faire émerger des variations qui nourrissent et affinent mes analyses.

L’IA joue aussi pour moi un rôle d’équipier, car je n’ai pas toujours la possibilité de travailler en équipe.  Sur des analyses macro, c’est un outil extrêmement utile pour dresser un panorama générique. Dès qu’on passe au micro, ou que la démarche doit s’appuyer sur des chiffres fiables et récents, l’IAG manque encore de précision sur ces aspects.

C.R. : Selon vous, comment l’IA générative répond-elle aux besoins des différents profils d’entreprise que vous accompagnez ?

Pour les grandes entreprises, ces outils fonctionnent bien, car sur un marché international, où il y a beaucoup de données publiques, l’IA excelle : elle permet d’effectuer du sourcing étranger, de croiser de nombreuses informations difficiles à analyser rapidement nous-mêmes, et de fournir une vision claire des enjeux concurrentiels.

Pour les PME et TPE ou sur des marchés de niche, dès qu’il s’agit de besoins très ancrés localement, la donne change, car le web regorge moins de données sur ces petites structures. Ce qui rend l’analyse ou la veille concurrentielle plus difficile, avec un besoin d’aller chercher de l’information sur le terrain.

C.R. : Quels outils utilisez-vous en particulier ?

C.U. : Je teste énormément d’outils pour voir leurs limites et identifier leurs évolutions. Aujourd’hui, je combine principalement ChatGPT et Gemini.  Pour le sourcing, je privilégie Perplexity.  J’ai également testé DigitalKin, spécialisé dans les sources sur Google Scholar et d’autres bases académiques.

LIRE AUSSI :

Pour aller plus loin sur DigitalKin et les outils de recherche scientifique : IA : un nouveau paradigme pour la recherche documentaire scientifique

Sur l’écosystème Google Scholar et ses évolutions : Les 20 ans de Google Scholar : un tournant

C.R. : Et pour les autres étapes du cycle de veille, comment intégrez-vous l’IA générative ?

C.U. : Pour le traitement et l’analyse, je l’utilise peu, je reste très prudente à cause des biais potentiels.  La prise de recul et l’esprit critique sont notre vraie valeur ajoutée. Pour la diffusion, et améliorer l’impact des livrables, je réalise des expérimentations sous forme de vidéo et podcast avec NotebookLM.

J’apprécie aussi l’IAG pour son côté créatif, surtout avec ChatGPT. Même si ses réponses peuvent parfois être « hallucinatoires », cette capacité à proposer des perspectives originales est un atout. Par exemple, je l’utilise pour trouver des angles innovants dans la diffusion d’informations.  Il n’est pas question d’utiliser les hallucinations en tant que telles, mais plutôt de profiter de son approche parfois utopique pour raconter une information vraie sous un angle nouveau.  Cela parle davantage à certains clients qui se projettent plus facilement dans des scénarios un peu « science-fiction », alors que les données restent réelles.  Cela donne une manière narrative de présenter l’information qui est bien plus engageante que des newsletters classiques, par exemple.

C.R. : Quelles sont les attentes de vos clients concernant ces technologies ?

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IA générative et droit d’auteur : premières décisions et ligne de fracture

Philippe MASSERON
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445
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2026.03
92
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Intelligence artificielle | droit d'auteur
IA générative et droit d’auteur : premières décisions et ... Image 1
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Cet article constitue la deuxième partie d’une analyse de Philippe Masseron publiée dans BASES en février 2026 :  IA générative et droit d’auteur : la bataille pour la qualification juridique de l’entraînement (1re partie)

Deux décisions en Allemagne et deux aux USA, permettent-elles de dégager des tendances sur la façon dont les juges américains et européens qualifient les utilisations d’œuvres protégées lors des phases d’entraînement des IA ?

Avec la multiplication des contentieux (une dizaine en mars), les juridictions européennes et américaines commencent à statuer sur la licéité de l’utilisation d’œuvres protégées pour entraîner les IA génératives. Ces quelques décisions ne sont pas définitives (1), mais elles permettent d’identifier les lignes de force juridiques.

Au cœur de ces litiges figure une question commune : l’usage massif d’œuvres protégées pour l’entraînement des IA relève-t-il du monopole d’exploitation de l’auteur ou peut-il bénéficier des mécanismes d’exception comme le fair use aux USA ou l’exception TDM (text and data mining) en Europe ?

Philippe Masseron, ancien Directeur Général du CFC et Directeur Général du gf2i, partage son expertise sur les grandes problématiques liées au droit d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle générative.

Quelles sont les logiques juridiques ?

Le fair use américain (ou utilisation loyale) (2) autorise, dans certaines conditions, l’utilisation d’œuvres sans autorisation ni paiement de droits. Ce principe du droit anglo-saxon repose sur plusieurs critères évalués par les juges pour déterminer s’il existe une atteinte aux droits d’auteur.

Quatre critères eux-mêmes subdivisibles en plusieurs éléments :

  1. but et nature de l’utilisation (commerciale ou non, éducative, de recherche, transformative, etc.) ;
  2. nature de l’œuvre protégée (degré d’originalité, publication préalable ou non) ;
  3. quantité et importance de l’emprunt par rapport à l’ensemble de l’œuvre ;
  4. effet de l’utilisation sur le marché potentiel ou la valeur de l’œuvre.

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Ce à quoi vous avez vraiment droit en matière d’IA avec un compte Google personnel gratuit ou une licence Microsoft 365 Business sans l’option Copilot

Anne-Marie LIBMANN
Bases no
445
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2026.03
102
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Intelligence artificielle | ChatGPT | veille métier
Ce à quoi vous avez vraiment droit en matière d’IA avec un ... Image 1
Ce à quoi vous avez vraiment droit en matière d’IA avec un ... Image 1

Google et Microsoft ont rendu l’IA omniprésente dans leurs services. Reste à savoir ce qui est réellement inclus sans abonnement supplémentaire.

Pour un utilisateur français, la réponse suppose de distinguer le compte Google personnel gratuit, la licence Microsoft 365 Business standard, les options payantes, les restrictions d’âge, les disponibilités régionales et les écarts entre assistant conversationnel, personnalisation avancée et fonctions agentiques.

Cet état des lieux pratique de mars 2026, vu de France, s’appuie sur des usages observés et sur ce qui est effectivement documenté dans les sources officielles des deux acteurs.

LIRE AUSSI :

Sur la place de l’IA dans la panoplie Microsoft/Google (copilotes, licences, coûts) : L’arrivée de l’IA dans la panoplie d’outils des veilleurs et documentalistes

Sur la bascule vers les agents IA et les copilotes type Copilot / Gemini: Repenser la veille à l’ère des agents IA

Compte Google personnel gratuit : ce que l’on a vraiment

Gemini, c’est quoi exactement ?

Gemini désigne à la fois le modèle de langage développé par Google DeepMind et l’interface conversationnelle accessible sur gemini.google.com, l’équivalent de ChatGPT d’OpenAI, accessible sans frais à tout titulaire d’un compte Google personnel gratuit.

Gemini n’est pas un produit isolé : c’est le point d’entrée d’un écosystème plus large intégrant Search, Maps, Photos, YouTube et Gmail, avec des niveaux de connexion variables selon le pays et le type de compte.

La frontière entre ce qui est gratuit, ce qui est payant et ce qui est indisponible en France n’est pas toujours explicite. Il faut aussi distinguer le compte Google personnel (gmail.com) du compte Google Workspace, utilisé dans les organisations ayant souscrit une licence G Suite : les droits en matière d’IA y diffèrent sensiblement, mais ce périmètre ne sera qu’évoqué ici.

Quatre dimensions structurent ce que l’on peut faire ou non avec le compte gratuit : le chatbot et les modèles qui le font tourner, les images et documents qu’il peut traiter, les options de personnalisation, et les fonctions agentiques et la confidentialité

Le cerveau du compte gratuit : Flash

Gemini n’est pas un modèle unique, mais une famille aux capacités croissantes : Flash, Pro, Ultra. C’est Flash qui fait tourner le chatbot inclus dans le compte gratuit, accessible via gemini.google.com. Quand un utilisateur ouvre Gemini et échange avec l’assistant, c’est Flash qui répond : un assistant capable de traiter des demandes en langage naturel, de générer des textes, d’analyser des documents soumis par l’utilisateur et de répondre à des questions complexes en s’appuyant sur sa base de connaissance.

Pour les tâches quotidiennes, ce niveau est solide. Ses limites apparaissent sur les analyses en plusieurs étapes, les très longs documents ou les requêtes à grande précision, là où Pro et Ultra prennent l’avantage. Les limites d’usage varient aussi selon la charge du service, la complexité des requêtes et la région.

C’est donc Flash qui constitue le chatbot gratuit de Gemini, l’interface conversationnelle avec laquelle l’utilisateur interagit au quotidien.

Images et documents : ce que le chatbot gratuit peut traiter

Le chatbot Flash ne se limite pas au texte. Avec un compte gratuit, Gemini peut aussi travailler sur des images et des documents : c’est ce qu’on appelle le multimodal.

Pour les images, Google intègre un moteur de génération et d’édition appelé Nano Banana 2, correspondant techniquement à Gemini 3.1 Flash Image. Ce moteur ne se limite pas à la génération à partir d’un texte : il peut modifier une image existante, en combiner plusieurs, et produit un « text rendering » (« rendu final du texte») dans l’image qui rivalise désormais avec DALL-E 3. Concrètement, un utilisateur gratuit peut générer jusqu’à 20 images par jour en résolution 1K, et depuis février 2026, utiliser la fonction d’édition locale au pinceau (in-painting) sur mobile en France. Les abonnés accèdent à des quotas plus élevés selon leur offre : 50 images/jour avec Google AI Plus, 100 avec Pro, 1000 avec Ultra, ainsi qu’à une résolution 2K et à la fonction Redo with Pro, pour régénérer une image avec davantage de détails, notamment pour les infographies.

Pour les documents, Gemini peut analyser des fichiers soumis par l’utilisateur : rapports, notes, sources documentaires. La limite à connaître est celle de la fenêtre de contexte : la quantité maximale de texte que le modèle peut «garder à l’esprit» simultanément. Avec Flash, un document volumineux risque de faire «oublier» au modèle ses premières informations au fil de la conversation. Pour un document de plusieurs centaines de pages, mieux vaut découper l’analyse en plusieurs échanges.

Au-delà du chatbot : personnaliser Gemini avec les Gems et les Connected Apps

Gemini offre des options pour adapter son compor­tement à des besoins spécifiques, et une partie est accessible sans abonnement.

Le premier niveau, ce sont les Gems : des assistants personnalisés que l’utilisateur configure lui-même depuis l’interface Gemini ou via gemini.google.com/gems/view. On leur donne un rôle, des instructions, et éventuellement des fichiers de référence (guide interne, notes, document de travail) pour des réponses plus ciblées. Le Gem exploite uniquement ce qu’on lui fournit, pas l’ensemble du compte Google.

Le deuxième niveau repose sur les Connected Apps : une connexion de certains services Google à Gemini, permettant à l’assistant de puiser dans des données réelles de l’utilisateur. Les services accessibles en France incluent Maps, YouTube, Search, Google Flights et Hotels. Un niveau plus avancé, la Personal Intelligence, étend cette logique à Gmail et Google Photos pour des réponses encore plus contextualisées, mais son déploiement reste partiel en France en raison du RGPD, contrairement aux États-Unis où cette fonction est disponible même pour les comptes gratuits.

Agents et confidentialité : les vraies limites du compte gratuit

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IA : un nouveau paradigme pour la recherche documentaire scientifique ?

François LIBMANN
Bases no
444
publié en
2026.02
1620
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veille technologique | littérature scientifique | Intelligence artificielle
IA : un nouveau paradigme pour la recherche documentaire ... Image 1
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On avait fini par penser que la recherche dans la littérature scientifique et les brevets était intimement et irrévocablement réalisée avec des outils de logique booléenne plus ou moins sophistiqués. Nous allons voir dans cet article qu’une approche alternative est maintenant disponible et donne des résultats intéressants. Nous allons présenter dans cet article plusieurs nouveaux outils, ainsi que d’autres à venir dans les prochains numéros de BASES.

Cinquante ans de recherche booléenne : un modèle qui n’a guère varié

On peut dater à 1972 (date de début de commercialisation du serveur Dialog au sein de la société américaine Lockheed) la mise en place de la recherche dans des corpus de littérature scientifique en utilisant une logique booléenne sur des documents préalablement indexés.

À mesure que la puissance informatique devenait disponible, l’utilisation de cette logique booléenne a permis de construire des requêtes d’une très grande complexité combinant jusqu’à plus de 100 étapes.

Durant de nombreuses décennies, ce domaine de recherche s’est étendu grâce à l’enrichissement substantiel des corpus, notamment par la création de centaines de banques de données spécialisées disponibles sur divers serveurs, ainsi que par l’émergence de systèmes globaux tels que Scopus ou Web of Science .

De nouvelles fonctionnalités, comme les citations enchaînées ou la recherche de valeurs numériques, ont été ajoutées sans modification majeure du système de recherche.

L’arrivée de Google Scholar en 2004 marque d’une certaine façon la « dégradation » des systèmes de recherche puisque la requête devient ultrasimple, outre le fait d’être gratuite. Elle se fait dans un grand volume de documents, sans que l’on en connaisse précisément les contours, mais cela permet de recevoir dans presque tous les cas des réponses au moins approximatives.

La simplicité radicale de la recherche, la gratuité et le volume mis à disposition ont séduit de nombreux chercheurs et servi de prétexte à d’assez nombreuses directions d’entreprises pour couper l’accès aux serveurs payants et supprimer le service de documentation, les chercheurs étant supposés se débrouiller seuls avec Google Scholar.

Par ailleurs, l’essor de l’ open access a entraîné la création de nombreux sites offrant un accès libre à des informations scientifiques, avec des fonctionnalités de recherche booléenne, mais souvent peu avancées. Une autre solution de facilité, mais qui ne recherche que sur des volumes limités, et laisse dans l’ombre des pans entiers de données.

Lire aussi : Nous avons testé les contenus des différents outils de recherche d’information scientifique en accès libre , Netsources N°168, 2024.02.

Par ailleurs, l’apparition et le développement des serveurs de préprints, dont arXiv , le pionnier, a été lancé en 1991, remettaient en cause le principe de relecture préalable par les pairs, mais pas les façons de rechercher dans un corpus.

Ce n’est qu’en 2015 qu’est apparu Semantic Scholar qui semble être le premier outil mis à disposition à avoir utilisé l’IA pour la recherche dans la littérature scientifique. Nous y reviendrons ci-après.

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Plume : un assistant conversationnel au service de l’eau et de la biodiversité

Christel RONSIN
Bases no
444
publié en
2026.02
1371
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Intelligence artificielle | knowledge management | retour d'expérience
Plume : un assistant conversationnel au service de l’eau et ... Image 1
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Interview de Sandrine Clerc, Chargée de projets donnée et connaissance - Documentation & veille. Interview menée par Christel RONSIN le 17/12/2025

Sandrine Clerc partage son expérience de mise en place de Plume, un assistant conversationnel dédié à l’eau et à la biodiversité. Entre collaboration étroite avec les informaticiens, sélection rigoureuse des ressources et réflexion sur l’empreinte écologique des outils d’intelligence artificielle générative (IAG), elle explique comment son équipe a relevé le défi de créer un outil innovant, fiable et accessible.

Après un parcours dans différents établissements publics, Sandrine Clerc est depuis 7 ans chargée de projet en gestion des connaissances à l’Office international de l’Eau (OiEau, Limoges). Elle est en charge d’une part de l’animation d’un réseau de documentalistes spécialisés dans les thématiques de l’eau et de la biodiversité et d’autre part de la valorisation du portail documentaire partenarial (2), de la base de connaissance (1) et de son assistant conversationnel Plume.

CHRISTEL RONSIN : Sandrine, pouvez-vous commencer par présenter la finalité de la base de connaissances eau et biodiversité, ainsi que ses principales fonctionnalités ?

SANDRINE CLERC : L’objectif était de créer un portail permettant d’effectuer des recherches, tout en valorisant notre premier outil, le portail documen­taire partenarial (« portail doc »). Nous avons ensuite commencé à intégrer des fonctionnalités d’intelligence arti­ficielle, jusqu’à déployer récemment un assistant conversationnel, que nous avons nommé Plume . Il va rechercher des informations uniquement dans le périmètre de notre base de connaissances et ne va pas, par exemple, chercher des compléments sur le web.

CR : Depuis quand votre assistant conversationnel Plume est-il opérationnel ?

SC : Nous avons ouvert la base de connaissances, incluant Plume, début avril 2025. Nous portons une attention particulière aux questions de droits d’auteur et veillons à ce que les contenus captés respectent ces règles. Cette démarche s’inscrit dans une logique d’ouverture et de transparence, d’autant que tous nos partenaires sont des organismes publics*. Nos travaux, financés sur fonds publics, sont donc destinés à être partagés gratuitement et sont librement réutilisables.

* Pour en savoir plus sur le réseau partenarial documentaire, se reporter au N° 398 de Bases, décembre 2021

CR : Est-ce que vous pouvez nous parler de la genèse de ce projet ?

SC : Nous avons commencé par imaginer comment relier les ressources de notre « portail doc » à d’autres types de contenu. Les échanges ont d’abord eu lieu avec les membres de notre réseau de documentalistes, avant d’impliquer mes collègues informaticiens de l’OiEau. Puis il y a environ un an et demi, nous avons recruté un développeur spécialisé en IA, capable de mettre en place un assistant conversationnel par exemple . Le projet a donc connu une accélération.

Dès début 2024, nous avons travaillé sur l’architecture technique de la base de connaissances et son volet conversationnel. Nous avons également organisé des ateliers avec nos collègues documentalistes pour valider les grandes étapes du projet : maquettage des écrans, organisation de l’accès à l’information, utilisation des filtres, etc. Les informaticiens de l’OiEau ont construit la partie technique , tandis que j’ai collaboré avec eux pour définir les fonctionnalités destinées aux utilisateurs. Au total, entre la réflexion initiale et l’ouverture au public, cela nous a pris 3 à 4 ans.

CR : C’est donc un projet collaboratif avec vos partenaires, où les documentalistes se concentrent sur la partie fonctionnelle, tandis que les informaticiens gèrent la partie technique ?

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IA générative et droit d’auteur : la bataille pour la qualification juridique de l’entraînement

Philippe MASSERON
Bases no
444
publié en
2026.02
1261
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Intelligence artificielle | intelligence économique | droit d'auteur
IA générative et droit d’auteur : la bataille pour la ... Image 1
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Philippe Masseron, ancien Directeur Général du CFC et Directeur Général du gf2i, partage son expertise sur les grandes problématiques liées au droit d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle générative

Les contentieux liés au droit d’auteur et à l’IA se multiplient à travers le monde. Les fournisseurs de services d’IA générative (SIAG) entendent s’opposer à une application contraignante des règles du droit d’auteur dans l’univers juridique anglo-saxon de common law comme dans l’univers juridique européen.

Globalement, la question centrale de ces contentieux est celle de savoir si l’entraînement des modèles d’IA met en cause la reproduction d’œuvres protégées relevant du monopole d’auteur (à savoir le droit exclusif de reproduction et de représentation couvert par le droit d’auteur) ou une opération d’analyse technique susceptible d’être couverte par une exception, soit le TDM ( text and datamining ) en Europe ou le fair use aux États-Unis ?

Ce sujet étant très complexe, nous proposons dans ce premier article un regard croisé sur ces deux ensembles juridiques pour comprendre les enjeux, les interactions et les sorties possibles pour les ayants droit.

Dans notre prochain article, nous examinerons à la lumière de ces éléments, les premières décisions intervenues aux USA et en Europe

Une scène contentieuse mondialisée

Comme on l’a déjà souligné, les fournisseurs de SIAG sont des consommateurs voraces de données et, en particulier, d’œuvres protégées par le droit d’auteur ou le copyright qui ne manifestent aucune volonté particulière de respecter ces droits de propriété intellectuelle. L’essor des SIAG a donc entraîné une vague de contentieux liés au non-respect du droit d’auteur engagés par des ayants droit à l’encontre des fournisseurs de SIAG.

Plus de 110 procès sont ouverts à travers le monde, avec une forte concentration aux USA. À date, 85 contentieux y sont actuellement engagés par des ayants droit des secteurs de l’édition, de la presse, de la musique ou du cinéma. Cette vague commence à atteindre l’Europe et devrait logiquement s’amplifier dans un proche avenir.

Diversité des cultures juridiques

Le cadre du droit de la propriété intellectuelle est aujourd’hui largement internationalisé. Au niveau mondial, d’une part, du fait de l’existence de conventions internationales spécialisées ou à spectre plus large et, au niveau européen, d’autre part, à la suite de l’harmonisation des législations intervenue depuis les années 90.

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Quelles applications IA pour gérer les emails efficacement ?

Elodie CHARRIÈRE
Bases no
444
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2026.02
1320
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bureautique | outils de veille | ChatGPT | Intelligence artificielle
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Gérer ses emails peut vite devenir chronophage, mais des applications intelligentes comme Spark, SaneBox ou Mailbutler peuvent tout changer. Elles permettent de trier, organiser et répondre plus vite, pour une boîte mail enfin sous contrôle.

On connaît tous ce moment où l’on ouvre notre boîte mail, qui affiche… 347 messages non lus. Entre les newsletters , les spams, les relances et les messages importants, gérer ses emails peut rapidement devenir stressant et très prenant. Heureusement, l’intelligence artificielle arrive à la rescousse pour nous aider à organiser, trier et répondre à nos messages sans effort.


Voici les meilleures applications IA pour dompter votre boîte mail et retrouver un peu de tranquillité numérique - en ayant bien conscience que, dès qu’une application tierce accède à vos emails, la confidentialité absolue n’est plus garantie. Il est donc essentiel de vérifier les conditions d’utilisation et la politique de confidentialité de chaque service avant de leur confier vos données personnelles.

Superhuman

Superhuman est une application conçue pour rendre la gestion des emails rapide et intuitive. Elle utilise l’IA pour prioriser les messages importants, proposer des réponses automatisées et supprimer les distractions inutiles. L’idée ? Que l’on puisse se concentrer uniquement sur ce qui compte vraiment.

L’IA apprend de nos habitudes et nous recommande des actions (archiver, répondre, ignorer) en fonction du besoin. C’est un outil parfait pour ceux qui reçoivent beaucoup d’emails professionnels et veulent une boîte propre sans y passer des heures.

Gmail + Smart Compose & Smart Reply

Beaucoup l’ignorent, mais ceux qui utilisent Gmail ont aussi accès à des fonctionnalités IA, sans forcément avoir besoin d’installer des applications supplémentaires. Parmi ces fonctionnalités se trouve Smart Compose , qui propose des phrases complètes pendant que l’on écrit un message, et offre ainsi un véritable gain de temps. Et puis il existe aussi Smart Reply , qui nous aide à envoyer des réponses rapides en un clic, comme par exemple : « Merci pour ton message ! ». Comment ça fonctionne ? L’IA analyse le texte et prédit ce que l’on veut écrire. Cela aide à écrire plus vite et avec moins d’effort.

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LLM : l’alignement éthique, le critère qu’on oublie d’évaluer 

Anne-Marie LIBMANN
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2026.02
1287
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droit d'auteur | ChatGPT | Intelligence artificielle
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Depuis 2023, les grands modèles de langage sont intégrés dans les workflows quotidiens (recherche, synthèse, rédaction, relation client, développement, formation). Leur diffusion massive fait de l’ alignement éthique * une variable opérationnelle : ce que le modèle accepte ou refuse selon des principes précis. Par exemple, un modèle « équilibrant » les perspectives peut réduire la visibilité de positions minoritaires, sans que l’utilisateur s’en rende compte. L’alignement agit comme un «cadrage» implicite de l’information.

Deux évolutions rendent ces choix lisibles : la publication de documents de gouvernance par plusieurs LLM, et l’affaire Grok de janvier 2026 - plus de 3 millions d’images sexualisées générées en deux semaines, dont environ 23 000 impliquant des mineurs. Ces documents et ces incidents permettent désormais de mesurer l’écart entre les principes affichés et les effets réels.

* L’expression, issue de l’anglais alignment _, désigne la conception d’un système d’IA pour qu’il soit conforme aux valeurs humaines.

Trois logiques d’alignement

Anthropic a structuré son approche autour de la Constitutional AI (CAI). Les principes sont intégrés dès l’entraînement par renforcement (RLAIF) : ils ne filtrent pas seulement les réponses, ils façonnent le modèle . La Constitution publiée en 2026 hiérarchise les priorités - sécurité, éthique, conformité interne, utilité - et pose des interdits absolus (armes de destruction massive, exploitation sexuelle de mineurs, concentration illégitime du pouvoir).

Le modèle est soumis à une exigence stricte de véracité : il ne doit ni énoncer sciemment une fausseté ni induire l’utilisateur en erreur. Il peut en revanche refuser de répondre ou signaler l’absence d’information fiable. Le silence est permis ; la fabrication délibérée d’informations ne l’est pas.

Cet affichage de principes marque un effort de transparence réel, mais laisse subsister des limites : vulnérabilité aux jailbreaks , règles définies en cercle restreint sans consultation externe formalisée. La contradiction la plus vive : via Palantir, Claude opère dans des réseaux classifiés du Pentagone, mais refuse d'en lever les lignes rouges sur les armes autonomes et la surveillance de masse - ce que le Pentagone exige.

Anthropic, arbitre moral autoproclamé

Dario Amodei part du postulat que des systèmes puissants sont inévitables : mieux vaut donc qu’ils soient développés par des acteurs conscients des risques. Mais en intégrant des jugements moraux à grande échelle, Anthropic s’arroge un rôle normatif que nulle institution démocratique ne lui a attribué..

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IA générative et recherche brevets : ce que révèlent 14 outils analysés 

François LIBMANN
Bases no
443
publié en
2026.01
2048
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Tags
brevets | recherche publique | veille technologique | Intelligence artificielle
IA générative et recherche brevets : ce que révèlent 14 ... Image 1
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L’Intelligence artificielle générative investit toujours plus de secteurs. Celui des brevets n’y échappe pas.

L’annonce inattendue par PERPLEXITY d’une recherche spécifique brevet nous a incité à explorer le paysage. Nous pensions que cela serait rapide avec une offre limitée. En réalité, nous avons constaté l’inverse : il existe plus d’une quinzaine d’outils et de services à travers le monde qui proposent de réaliser des recherches de brevets en ligne, assistées par l’intelligence artificielle censée les rendre plus efficaces.

Ces outils offrent la possibilité de sélectionner réellement des documents pertinents en réponse à une requête en langage libre, constituant ainsi un état de l’art partiel. Ils ne se limitent pas à l’établissement d’un classement par pertinence sur la base d’une recherche booléenne classique, comme le propose PubMed, ni à l’extraction automatisée de codes CPC à partir d’un document, telle que réalisée par Espacenet.

La frontière entre recherche sémantique et intelligence artificielle est souvent floue dans les outils de recherche de brevets utilisant l’IA, car la sémantique repose déjà sur des modèles de traitement du langage naturel (PNL) et machine learning (ML) pour relier des concepts au-delà des mots-clés. Nous avons donc inclus les deux types d'outils dans notre analyse : ceux basés sur la similarité sémantique, qui identifie des brevets conceptuellement proches, et ceux intégrant l'IA générative, qui accélère la synthèse et l'analyse des résultats. Dans cet article, « IA » désigne principalement l'IA générative, même si plusieurs outils combinent différentes technologies.

La découverte d’une offre consistante et diversifiée

Nous savions déjà que certains serveurs traditionnels, tels que Questel avec Orbit Intelligence et Minesoft Origin, proposaient des offres déjà en service. D’autres, comme STN, restent encore très flous dans leurs déclarations, semblant cibler uniquement certains groupes d’utilisateurs spécifiques, avec en outre une diffusion particulièrement échelonnée dans le temps.

Nous avons néanmoins recherché d’autres offres de cette nature. Et au cours de ces recherches, nous avons identifié de nombreux outils permettant d’effectuer des recherches de brevets à l’aide de l’intelligence artificielle. Cette évolution résulte notamment de la disponibilité sous forme électronique du corpus mondial de brevets et des progrès significatifs réalisés dans le domaine des technologies d’IA.

Pour cet article, nous avons analysé quatorze outils, qui représentent une grande partie de l’offre actuelle.

Nous avons choisi de ne pas détailler la présen­tation de chaque outil, ni d’exposer l’ensemble de leurs fonctionnalités, souvent nombreuses, ainsi que leurs possibilités d’analyse, également très étoffées. Une telle démarche aurait dépassé le cadre éditorial habituel d’un article pour BASES.

Nous avons opté pour une introduction concise de ces outils, accompagnée d’un tableau synthétique mentionnant le nombre total de résultats trouvés (limité le cas échéant à soixante), ainsi que le nombre de résultats jugés pertinents.

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