Les podcasts ont une place particulière dans le monde de la veille. C’est un type de sources qui a, sur certains sujets, une valeur inestimable. Ils peuvent en effet proposer des informations que l’on ne retrouve pas ailleurs, offrir de l’analyse et de la profondeur difficile à obtenir dans des contenus plus courts comme des articles par exemple, etc. De plus, les podcasts sont souvent gratuits, ce qui ne nécessite pas une souscription à un abonnement supplémentaire.
Mais choisir d’intégrer des podcasts à sa démarche, c’est aussi beaucoup d’embûches en perspective et à tous les niveaux : ils sont difficiles à identifier et à mettre en veille de manière automatisée, ils sont longs à écouter et à analyser, mais ils sont aussi compliqués à intégrer aux livrables (voir notre article Comment intégrer les podcasts à ses livrables de veille ?).
Dans cet article, nous avons choisi de nous focaliser exclusivement sur la phase d’identification de podcasts : comment identifier des podcasts pertinents à intégrer à son sourcing ? Quels outils et méthodes utiliser pour y parvenir ?
Nous nous intéressons ici aux podcasts au sens large : podcasts journalistiques et podcasts de marques ou amateurs, à l’exception des replays d’émissions qui existent déjà sous un autre format. La méthode proposée permet d’identifier des podcasts français mais elle fonctionne aussi pour des podcasts réalisés dans d’autres pays et dans d’autres langues.
Avec leurs résultats mesurables, les médias sociaux sont devenus incontournables pour les annonceurs et les professionnels du marketing qui touchent un public de masse ou ciblé. Dans ce contexte, les bibliothèques de publicités LinkedIn et TikTok, qui viennent d’être mises à jour pour rendre publiques plusieurs données publicitaires diffusées sur leurs plateformes, peuvent apporter des informations précieuses dans le cadre d’une veille stratégique.
Mais pour structurer sa recherche, encore faut-il savoir ce que l’on peut y trouver. Voici donc en détail ce que ces deux bibliothèques ont à offrir au professionnel de la veille et comment les exploiter pour renforcer sa veille stratégique et/ou commerciale.
Pour y accéder, le plus simple est encore… de cliquer sur les liens fournis par une recherche Google ou par les articles qui en parlent. Car si ces bibliothèques existent par souci de se conformer au niveau de transparence exigée dans l’Union européenne par la Digital Act (DSA), il n’en reste pas moins qu’elles ne sont pas accessibles ni en page d’accueil des réseaux sociaux, ni sur son compte, ni même sur les pages dédiées aux publicités. Qu’il s’agisse de LinkedIn ou de TikTok, il « suffit » donc de se rendre sur cette page LinkedIn (https://www.linkedin.com/ad-library), ou celle-ci pour TikTok (https://library.tiktok.com/ads). En revanche, nul besoin d’ouvrir un compte sur ces réseaux pour disposer des informations publicitaires.
Dans la plupart des entreprises, la veille brevet est souvent négligée. La veille brevet peut pourtant être une source d’informations précieuse pour l’intelligence concurrentielle. Elle permet de suivre l’évolution des technologies, d’identifier les concurrents, et d’exploiter toutes les opportunités de marché en développant une vraie stratégie. Entretien avec Philippe Borne, Délégué Régional de l’INPI pour la Région Grand Est (1), et également rédacteur occasionnel pour notre lettre BASES à titre d’expert.
François Libmann : La veille brevet a un potentiel qui nous semble sous-évalué dans le domaine de l’intelligence concurrentielle. Comment l’interprétez vous ?
Philippe Borne : Beaucoup d’entreprises ont une vision très juridique du brevet, considéré uniquement comme un outil de protection, et donc avec des stratégies brevet très traditionnelles. Et du fait de cette vision, on retrouve la même attitude en ce qui concerne la veille brevet. Cette vision très juridique du brevet en France a pour conséquence qu’il n’est pas tenu compte de son potentiel en tant que source d’informations pour l’intelligence concurrentielle. Cela ne vient, en effet, pas à l’esprit qu’on puisse faire de la veille technologique sur ce type d’information.
(1) Philippe Borne s’exprime ici à titre personnel et les opinions qu’il expose n’engagent que lui-même.
Une veille peut s’effectuer sur un très grand nombre de sources telles que les publications dans différents types de presse (généraliste, scientifique…), le web et, en particulier Google ou des sites spécialisés, les réseaux sociaux, les visites de foires et salons, les conférences…
Dans un très grand nombre de cas, particulièrement pour la veille technologique et concurrentielle, il ne faut surtout pas négliger les différentes dimensions de la propriété industrielle : brevets, marques ainsi que dessins et modèles.
Tout d’abord, précisons le vocabulaire, car il y a un fort risque de confusion.
On rappellera en premier lieu qu’un brevet est une sorte de contrat entre l’État en général et un inventeur. En échange de l’exclusivité de l’usage d’une technologie sur une durée pouvant, en général, aller jusqu’à 20 ans, la description de cette technologie est rendue publiquement accessible, après une période de 18 mois, et constitue une information scientifique/technique.
Le titulaire du brevet peut exploiter lui-même sa technologie ou décider s’il autorise un/des tiers à l’exploiter et, dans ce cas, sous quelles conditions (vente du brevet, concession d’une licence).
Dans la famille des file-types indexés par Google, il y avait un grand absent qui pouvait être regretté par les professionnels du Search et de l’analyse des données : le format de tableau de données .CSV
Depuis quelques semaines, les fichiers et tableurs Excel (Microsoft), Numbers (Apple) ou les autres logiciels qui produisent du .CSV peuvent donc être retrouvés (sans avoir à faire d’export, par exemple). Ils rejoignent les fichiers texte, image ou vidéo, mais aussi les fichiers de code en python, Java, C++, etc. qui sont déjà indexés par Google.
Avec une commande [filetype:csv]
, vous accédez ainsi aux résultats de recherche au format csv.
Par exemple, dans le cadre d’une recherche sur les matières premières, avec un mot-clé sur le café, la commande « café filetype:csv » donne accès à des exports de données en .CSV, majoritairement issues de l’OpenData.
Source : Barry Schwartz
Depuis quelques années, le mouvement no-code / low-code s’inscrit dans l’actualité des outils de veille. Ces outils permettent incontestablement d’imaginer et de réaliser des tâches qu’il était impossible de réaliser soi-même auparavant sans savoir coder (ou juste un peu, pour le low-code). Or, comme la datavisualisation , le no-code constitue un véritable moteur de transformation non seulement des usages, mais du métier dans son ensemble, tant il est vrai que le professionnel de l’information agit de concert avec les avancées informatiques comme nous l’avions déjà illustré avec l’utilisation de Github.
Les outils no-code, 100 % en ligne (hébergés dans le cloud, donc sans élément à installer), permettent de réaliser des sites web et des applications, mais aussi de créer des automatisations, notamment avec des bases de données. Les veilleurs étant habitués à s’adapter à l’environnement numérique de leur client, c’est surtout l’automatisation et la manipulation des bases de données qui les concernent.
Et ces outils interviennent aussi bien au niveau de l’interface client, que des automatisations et connexions aux APIs ou même de la structuration de la donnée.
Ils envahissent le quotidien des professionnels de la veille depuis quelques années, dans les entreprises de toute taille. Pour le veilleur, les outils no-code sont devenus essentiels à chaque étape de la veille.
Lire aussi :
« Le veilleur face au défi de la représentation des données », NETSOURCES n°161 - novembre/décembre 2022
« Github : le self-service du veilleur fauché, mais très motivé », BASES n°396 - octobre 2021
Sur Twitter, le nombre de fonctionnalités essentielles à la veille se réduisant drastiquement, nombreux sont les professionnels qui se questionnent sur les alternatives. Twitter a perdu encore 10 % d’abonnés en quelques mois, et les institutions, comme l’ENSSIB par exemple, commencent également à déserter cet espace.
Parmi ces alternatives, on distingue Bluesky, qui semble plus légitime que les autres, car créée par l’ancien fondateur de Twitter lui-même, Jack Dorsey. Cette plateforme de microblogging a été lancée en février dernier. Elle est actuellement disponible sur invitation uniquement et a dépassé le million d’utilisateurs (à titre de comparaison, Twitter compte environ 200 millions et Discord 300 millions d’utilisateurs réguliers). Outre sa ressemblance avec le Twitter des débuts, sans pubs, sans algorithmes intrusifs et de vraies fonctionnalités de recherche, son atout pour les veilleurs réside dans son ambition de rendre le contrôle des algorithmes, et donc des feeds, à ses utilisateurs.
Et si Bluesky réussit son challenge, le veilleur pourrait y retrouver sa communauté - et son sourcing - qu’il perd petit à petit sur Twitter. Parmi la communauté francophone, les journalistes, suivis par les chercheurs et les experts, s’y retrouvent déjà dans une ambiance calfeutrée et intimiste. Autre avantage, Bluesky remet les fils d’actualités - appelés Feeds - à l’honneur, un peu comme si Twitter avait mis en avant la fonctionnalité des Listes, essentielle aux veilleurs, mais toujours méconnue et de ce fait sous-exploitée.
Lire aussi :
« La veille sur les réseaux sociaux s’annonce de plus en plus fragmentée », BASES n° 417 - septembre 2023
Les générateurs de vidéos, ou Text to Video, sont-ils l’occasion de tester le format vidéo, trop cher jusqu’à présent, pour certains professionnels de la veille ?
La vidéo peut servir non seulement à favoriser la transformation d’une information en connaissance pour un livrable, mais elle peut aussi contribuer à animer, voire moderniser, un support pédagogique, ou encore à vendre son service de façon plus commerciale. Voici donc - parmi la centaine existants - 4 outils faciles à utiliser pour s’autoriser à passer le pas, technique et financier, de la vidéo. Au-delà du résultat, leur prouesse réside surtout dans leur facilité d’utilisation (les outils de notre sélection n’ont pas de table de montage) et dans leur rapidité d’exécution (une quinzaine de minutes suffit).
Voilà des dizaines d’années qu’on lit cette expression dans de multiples documents de toutes natures ou qu’on l’entend prononcée lors de conférences. Pour illustrer la « popularité » de cette expression, une recherche dans Google avec l’expression « 80% of technical information is found only in patents » génère entre 8 et 10 millions de réponses. Si l’on cherche avec l’expression traduite en français, le nombre de documents annoncés est proche de 200 000 ! On sait que l’on ne pourra les visualiser tous, mais le chiffre est impressionnant.
Il faut noter que, si le plus souvent on parle de 80 %, on trouve également la fourchette « 70 % - 90 % ».
Dans cet article, nous nous sommes demandé s’il s’agissait d’une « légende urbaine persistante » ou bien si cela était vrai.
On oublie trop souvent que les brevets ont un intérêt pour la veille concurrentielle. Et pourtant, en savoir un peu plus sur la politique brevet d’une entreprise est souvent très utile : par exemple, S’il s’agit de l’un de vos concurrents, cela peut être intéressant de connaître les techniques sur lesquelles il dispose d’une capacité d’interdiction, Si c’est un potentiel partenaire, cela peut être très pertinent avant de signer un accord de collaboration de connaître son niveau de sensibilité à la propriété industrielle. Et s’il s’agit d’un des fournisseurs auprès duquel vous vous approvisionnez en composants indispensables, s’il dispose de brevets sur ces composants, cela peut vouloir dire que vous ne pourrez vous fournir ailleurs. Et cette liste est loin d’être exhaustive.
Alors comment collecter des informations sur la politique brevet d’un concurrent, d’un partenaire, d’un fournisseur…. sans se ruiner ? Et comment entrer et comprendre les bases du monde des brevets, qui peut paraître inaccessible aux non-initiés ?
Toutes les données brevet sont publiques, accessibles dans des bases de données dont beaucoup sont en accès libre, comme Espacenet ou Patentscope. Dans cet article, nous allons vous montrer comment les retrouver.
Pour cela nous partirons d’un exemple concret en nous intéressant à la politique brevet de Volocopter, une startup allemande conceptrice d’un taxi volant à propulsion électrique qu’elle ambitionne de faire voler à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, à l’été 2024.