Le journalisme d’investigation n’a jamais été aussi productif. Pourtant, pour les professionnels de la veille et de l’information, accéder à cette production de façon aisée et à un coût abordable est de plus en plus difficile. Multiplication des titres indépendants, abandon de la vente à l’article, modèles d’abonnement complexes : cet article dresse un état des lieux de ces obstacles et des initiatives qui tentent d’y répondre.
Plusieurs facteurs convergent pour expliquer le dynamisme du journalisme d’investigation en France. La multiplication des affaires politiques et économiques portées sur la place publique, favorisée par la levée progressive de certains modes de protection bien établis, crée une demande forte d’informations/révélations. Cette intolérance croissante de l’opinion publique face aux dérives pousse un nombre grandissant de journalistes, professionnels comme amateurs, à mener des enquêtes et à en diffuser les résultats le plus largement possible.
Le développement des outils de publication en ligne comme en format papier a considérablement abaissé les barrières à l’entrée : il est désormais possible de lancer un média, certes avec des moyens limités, totalement indépendant des grands groupes de presse.
Cependant, sa distribution, payante ou gratuite, demeure un problème majeur en raison des coûts de promotion rapidement élévés.
Les coûts de fabrication au sens large n’étant pas nuls, certains titres en ligne ont décidé d’offrir le libre accès à leur publication sans obligation d’abonnement. A la place, ils sollicitent des dons, bien sûr sur une base volontaire, et il semblerait que ce système fonctionne.
Interview de Christelle Urvoy, Consultante en intelligence économique et veille stratégique, menée par Christel RONSIN
Christelle Urvoy partage son approche pragmatique pour intégrer l’intelligence artificielle générative (IAG) dans les processus de veille, de pédagogie et de gestion des connaissances. Elle explique comment allier innovation et méthodologie entre automatisation des tâches, vigilance sur les sources et réhumanisation des échanges.
Christelle URVOY : Sur la veille, j’intègre désormais l’IA à plusieurs étapes du cycle, en restant très attentive à la confidentialité. Je ne transmets aucune information identifiable sur mes clients : l’IA me sert surtout à structurer des hypothèses, repérer des angles d’analyse et reformuler des enjeux. Je l’utilise aussi comme un effet miroir : je pose des questions, parfois similaires à plusieurs reprises, pour comparer les réponses et faire émerger des variations qui nourrissent et affinent mes analyses.
L’IA joue aussi pour moi un rôle d’équipier, car je n’ai pas toujours la possibilité de travailler en équipe. Sur des analyses macro, c’est un outil extrêmement utile pour dresser un panorama générique. Dès qu’on passe au micro, ou que la démarche doit s’appuyer sur des chiffres fiables et récents, l’IAG manque encore de précision sur ces aspects.
Pour les grandes entreprises, ces outils fonctionnent bien, car sur un marché international, où il y a beaucoup de données publiques, l’IA excelle : elle permet d’effectuer du sourcing étranger, de croiser de nombreuses informations difficiles à analyser rapidement nous-mêmes, et de fournir une vision claire des enjeux concurrentiels.
Cet article constitue la deuxième partie d’une analyse de Philippe Masseron publiée dans BASES en février 2026 : IA générative et droit d’auteur : la bataille pour la qualification juridique de l’entraînement (1re partie)
Deux décisions en Allemagne et deux aux USA, permettent-elles de dégager des tendances sur la façon dont les juges américains et européens qualifient les utilisations d’œuvres protégées lors des phases d’entraînement des IA ?
Avec la multiplication des contentieux (une dizaine en mars), les juridictions européennes et américaines commencent à statuer sur la licéité de l’utilisation d’œuvres protégées pour entraîner les IA génératives. Ces quelques décisions ne sont pas définitives (1), mais elles permettent d’identifier les lignes de force juridiques.
Au cœur de ces litiges figure une question commune : l’usage massif d’œuvres protégées pour l’entraînement des IA relève-t-il du monopole d’exploitation de l’auteur ou peut-il bénéficier des mécanismes d’exception comme le fair use aux USA ou l’exception TDM (text and data mining) en Europe ?
Philippe Masseron, ancien Directeur Général du CFC et Directeur Général du gf2i, partage son expertise sur les grandes problématiques liées au droit d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle générative.
Google et Microsoft ont rendu l’IA omniprésente dans leurs services. Reste à savoir ce qui est réellement inclus sans abonnement supplémentaire.
Pour un utilisateur français, la réponse suppose de distinguer le compte Google personnel gratuit, la licence Microsoft 365 Business standard, les options payantes, les restrictions d’âge, les disponibilités régionales et les écarts entre assistant conversationnel, personnalisation avancée et fonctions agentiques.
Cet état des lieux pratique de mars 2026, vu de France, s’appuie sur des usages observés et sur ce qui est effectivement documenté dans les sources officielles des deux acteurs.
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Sur la bascule vers les agents IA et les copilotes type Copilot / Gemini: Repenser la veille à l’ère des agents IA
Gemini désigne à la fois le modèle de langage développé par Google DeepMind et l’interface conversationnelle accessible sur gemini.google.com, l’équivalent de ChatGPT d’OpenAI, accessible sans frais à tout titulaire d’un compte Google personnel gratuit.
Gemini n’est pas un produit isolé : c’est le point d’entrée d’un écosystème plus large intégrant Search, Maps, Photos, YouTube et Gmail, avec des niveaux de connexion variables selon le pays et le type de compte.
